dimanche 5 mai 2013

Ruser avec ses principes « de précaution »


LIBR'ACTEURS croit opportun de soumettre à la réflexion de ses lecteurs et sympathisants, l'analyse de l'un de nos membres experts, qui porte sur un sujet sensible, avec une mise en perspective d'un principe de précaution qui nous tient à coeur.
Merci de vos réflexions.


L’enfant occidental est devenu rare. Les couples se forment plus tardivement et sur d’autres bases que naguère 1.
Les études, puis la volonté de faire carrière, prennent souvent le pas sur la vie affective et familiale.
Selon le sociologue Paul Yonnet 2, le recul de la mortalité maternelle et infantile ainsi que l’avènement de techniques efficaces de contraception au cours du XXème siècle, ont donné à l’enfant un statut nouveau.
Il est désiré et semble être un bien suprême. Ainsi, les personnes qui ne peuvent enfanter pour des raisons physiologiques ou médicales, éprouvent souvent frustration et désespoir. Ils se sentent privés de ce « droit », apparu insidieusement au cours des dernières années, le « droit à l’enfant ».
Celui-ci place alors dans l’imaginaire collectif, la parentalité comme un droit intangible. Ce « droit », serait sur le même plan que d’autres droits, tels celui au logement ou encore celui à
une allocation sociale. Grâce aux avancées de la procréation médicalement assistée (PMA), chacun pense pouvoir obtenir une descendance et ne pas être frustré de l’amour de sa progéniture.
Puisque l’on peut, le « droit à l’enfant » s’exprime et l'existence d'un droit produit des revendications.

Mais il y a là un mauvais tour joué par le verbe « pouvoir » en français contrairement à d’autres langues : il ne distingue pas la possibilité technique de faire, de la
permission légale d’agir. C’est dans ce contexte que s’inscrit la question d’actualité de l’accès à la PMA pour les couples homosexuels, que l’on pourrait étendre aux femmes ou aux hommes célibataires.
En vertu du principe d’égalité faut-il répondre techniquement à ce désir d’enfant et ne pas laisser exclusivement à un homme et une femme en couple, le droit de donner la vie ?

Avant de prendre position pour l’une ou l’autre de ces deux visions de société, il faudrait s’assurer que les questions posées sur l’évolution psychique et sociétale des enfants nés dans ces nouvelles conditions, auraient trouvé réponse. Or, même si régulièrement des statistiques, souvent fragiles, des histoires de vie et de petites séries sont rapportées pour montrer que ces enfants ne sont pas différents des autres, un doute persiste.
Les positions contradictoires prises sur ce sujet par des psychanalystes, des philosophes ou des sociologues de renom en témoignent. Malgré cette incertitude, les tenants de la généralisation de la PMA minimisent dans l'argumentation, le discernement philosophique et les considérations anthropologiques ou spirituelles, au profit de l'émotionnel qui tiennent alors lieu d'arguments. Ils acceptent, sur l’autel du « droit à l’enfant », une inconnue qui peut éventuellement perturber l’avenir même de ces enfants à naître et à vivre dans des conditions inhabituelles. On ne sait pas précisément ce que le « droit à l’enfant » convoqué pour satisfaire ce puissant désir d’enfant, peut avoir comme effets sur sa vie future.

Alors, ne sachant pas répondre à cette question, la société semble prête à « ruser », selon la tournure du poète Aimé Césaire 3, avec certains des principes de la recherche clinique : puisqu’il y a ici un doute, la situation mériterait les mêmes attentions que celles habituellement exigées dans ce domaine.
Car enfin, pourquoi faut-il passer devant un pointilleux Comité de Protection des Personnes pour pouvoir donner le moindre placebo à un sujet qui consent à participer à une étude clinique et ne rien exiger de tel ici ?
Pourquoi le principe de précaution qui face à une incertitude conseille la prudence plutôt que l’audace et qui s’impose dès qu’une suspicion de risque pour la santé est évoquée, n’est-il pas invoqué
dans ce cas précis ?
Il n’y a pas de réponse univoque à ces questions. Cependant, en suggérant implicitement que l’enfant n’a pas les droits habituellement accordés aux personnes, il est à craindre qu’il soit pris avant tout comme un dû, comme une chose destinée à combler un manque.

Michel Hasselmann
Professeur de réanimation médicale, Président de l’ERERAL (Espace de Réflexion Ethique Région Alsace)

1. Luc Ferry. La révolution de l'amour. Pour une spiritualité laïque. Plon, col. Essai, Paris 2010
2. Paul Yonnet. Le recul de la mort. L’avènement de l’individu contemporain. Gallimard, Paris 2006
3. Aimé Césaire. Discours sur le colonialisme. Présence Africaine, col. Poche, Paris 2000

Vous pouvez retrouver et télécharger l'article original paru dans la lettre N°63 du CEERE

Photo : sculpture à Oslo - Norvège

dimanche 14 avril 2013

Morale Démocratique


LIBR'ACTEURS" constate avec plaisir que la morale démocratique préoccupe les francais.
A lire à la suite 2 petits billets pour poser les bonnes questions et succiter les réflexions !



PRINTEMPS DEMOCRATIQUE ?

L’affaire « CAHUZAC » ?
Serait-ce une hirondelle qui annoncerait le printemps (démocratique) ?

Oui, bien sûr, nous nous serions bien passés de toutes ces turpitudes. Elles nous montrent une fois de plus que le personnel politique, comme le linge, a besoin d’être changé régulièrement.
Exit donc le ministre indélicat !
Souhaitons-lui de se rebâtir. Ce ne sera pas à l’évidence une mince affaire.
Quand les vagues de l’indignation seront retombées, peut-être pourrons-nous en tirer quelques enseignements, finalement pas si négatifs que ça. Risquons-nous y dès maintenant :
il n’y a pas plus de vertu innée à gauche qu’à droite. Ou, autrement formulé, la droite n’a pas le monopole des politiciens malhonnêtes. Ce n’est pas pour autant qu’ils sont tous bons à jeter. Mais nous allons progresser vers plus de lucidité !

La presse a rempli à peu près bien son rôle et la justice n’a pas été entravée : ça, c’est vraiment une bonne nouvelle, et qui nous change !
Je passerais volontiers sur les hésitations de la politique économique du gouvernement (qui devra trouver les bonnes solutions), sur les maladresses de sa communication, et même sur sa propension à …compromettre de bonnes réformes.
Je serais enclin à la mansuétude si j’avais la certitude qu’à la fin du mandat, la France aura recouvré une démocratie durablement « normale », où les pouvoirs, exécutif, législatif, judiciaire, informatif seront clairement séparés. Si j’avais la certitude que les cumuls de mandats limités, les politiques redevenus justiciables comme les autres et enfin des élus responsables (rendant compte) de leurs engagements autant de points qui seraient de vrais signes d’un printemps démocratique.

J.Bellier



HARO SUR LES POLITIQUES : ARRÊTEZ LE MASSACRE

Beaucoup de nos élus sont d’honnêtes gens. Plus soucieux de leur réélection et de la victoire de leur camp, certes, que d’offrir une vision forte à notre Pays.
Mais pas tous pourris, loin de là. Alors comment peuvent-ils supporter cette suspicion, cette défiance qui gangrène, elle, la vie démocratique d’un Pays dont les citoyens sont mis à contribution, eux ?

Le citoyen cherche la cohérence entre acharnement et laxisme. Acharnement pour faire passer une loi qui divise les Français. Laxisme sur une question qui décrédibilise nos élus. A trop tirer sur l’élastique, c’est le slogan « tous pourris » qui prévaudra dans les urnes. La suite, il faut la craindre.

Mais heureusement la coupe semble enfin pleine ce coup-ci !

Libr’acteurs et le Rassemblement citoyen, chacun à sa manière, militent depuis des années pour sortir de cette situation indigne d’une démocratie comme la nôtre. Pour que tous les citoyens puissent être acteurs, d’une manière ou d’une autre.

Il est donc temps de formuler trois exigences fortes :

· Limiter le cumul des mandats dans l’espace et dans le temps, pour tous les élus ;
· Introduire une dose de proportionnelle pour sortir de la connivence objective UMP PS ;
· Exiger des élus et de leur conjoint la transparence sur leurs revenus et leur patrimoine, déclaration détaillée sur l’honneur à l’appui.

Libr’acteurs et le Rassemblement citoyen s’adressent à tous ceux qui font de la moralisation de la vie publique une priorité. Qu’ils se manifestent ainsi que leurs amis à :
http://libracteurs.blogspot.fr/
http://www.rassemblementcitoyen.org/

Tous ensemble, mettons la pression.
Seul moyen d’arrêter le massacre de ceux qui ne le méritent pas. Passage obligé pour aider notre Pays à rebondir.

C LIEBER.

Crédit Photo : affiche du film "L'Ordre et la Morale" de Mathieu Kassovitz

mardi 9 avril 2013

L’ACTION C’EST MAINTENANT !


L’inquiétante et désastreuse dérive de notre démocratie justifie la légitimité du RASSEMBLEMENT CITOYEN pour lequel vous avez manifesté un réel intérêt.

L’urgence commande une traduction rapide des paroles en actes, sur le terrain en proximité.
Il vous appartient de devenir acteur, mobilisé, en créant des RASSEMBLEMENTS locaux ou en rejoignant ceux qui sont d’ores et déjà en place.

Dans un contexte de populisme facile et porteur de tous les dangers, dans un climat de défiance définitive vis-à-vis des partis politiques traditionnels, et de leur personnel, englués dans leurs contradictions et intérêts, le citoyen doit être acteur de son destin.

C’est la force du RASSEMBLEMENT CITOYEN, coopérative confédérale, respectueuse des sensibilités mais intransigeante sur les valeurs.
Un RASSEMBLEMENT qui met la parité, toues les parités, en règle de base.

Un RASSEMBLEMENT qui déni à tout élu, porteur d’un mandat actuel, la moindre primauté.

Un RASSEMBLEMENT, qui plaide pour une citoyenneté active, une démocratie sans tâche, et une mise en perspective dynamique de nos territoires, à dire souverain et éclairé, du citoyen acteur.

Le RASSEMBLEMENT CITOYEN a la chance de compter dans ses rangs, des Français et Françaises, issus de tous les milieux, de toutes les sensibilités, qui sont mus par une conviction partagée : l’avenir de nos enfants commande de nouvelles règles de comportement, de consommation, et une hiérarchie revisitée des valeurs et des priorités.

Tout est à construire, beaucoup est à inventer. Face à la métamorphose de notre monde, nous devons interroger sans faiblesse nos structures politiques, économiques et sociales.

Mutualisons nos idées et nos forces.

Si vous pouvez consacrer un peu de temps à cette belle perspective, faites vous connaitre, vous serez les bienvenu(e)s.

vendredi 22 février 2013

La fin du cumul des mandats c'est .......
MAINTENANT Mr LE PRESIDENT !!!


La fin du cumul des mandats est une exigence et une attente de la grande majorité des français.

LIBR'ACTEURS, associé à Corinne LEPAGE, ancienne Ministre de l'Environnement, au parti DU VOTE BLANC et à de très nombreuses personnalités au rang desquelles,
Pierre RAHBI, Serge GUERIN, Serge ORRU , vous invite à signer la pétition jointe et à la relayer puissamment.

Pour ce faire, une adresse spéciale est crée pour l'occasion :

petition.libracteurs@gmail.com

Pour signer la pétition, merci de porter en message : "J'ai lu et signe la pétition" et d'indiquer vos noms, prénoms et département d'origine.

Vos adresses seront à l'intention exclusive de Libr'Acteurs, nous nous engageons à ne les divulguer sous aucun prétexte.

Retrouver aussi cette pétition sur le site MesOpinions.com

Merci à toutes et à tous.

R HASSELMANN
Président de LIBR'ACTEURS, "Pour un citoyen acteur de son destin"



La pétition :

Monsieur le Président de la République,

Parmi les réformes souhaitées et attendues avec impatience par l’immense majorité des Français, la fin du cumul des mandats est une priorité absolue.
Cet engagement que vous aviez pris durant la campagne est en passe d’être renié, du fait de manœuvres savamment orchestrées par des cumulards de tous bords.
Il s’agit pourtant de la mère de toutes les réformes, la seule de nature à restaurer la confiance de l’électeur dans l’élu.
Il faut mettre fin sans faiblesse et rapidement à un particularisme français, qui explique en large part la situation économique et sociale de notre pays qui se délite, faute du courage politique que seuls peuvent avoir ceux qui ne font pas métier des mandats cumulés.

Il n’est donc plus tolérable que des parlementaires élus au nom de tous les citoyens refusent par auto-protection une réforme voulue majoritairement par l’électeur citoyen.

En conséquence, compte tenu de l’état de notre droit, nous vous demandons très solennellement, d’user de votre pouvoir de recourir à un référendum pour trancher cette question, sur proposition du gouvernement de la République.

L’article 11 de notre constitution organise parfaitement le dispositif , s’agissant d’une question qui porte à l’évidence sur l’organisation des pouvoirs publics et relève donc bien du champ référendaire.

La voie référendaire vous est ouverte sans qu'il soit besoin de chercher le fallacieux prétexte d’une majorité des 3/5 au parlement.
Vous avez là l’occasion de mettre en évidence votre sens de la démocratie, sans craindre tel ou tel parti, qui serait mal venu de s’opposer à une réforme aux quels les citoyens sont attachés.

Monsieur le Président, vous le savez, la suspicion est le cancer de la confiance, en matière de justice, de finances et plus encore en terme de démocratie. Vous ne pourrez pas bâtir sans éradiquer cet abcès.
Votre prédécesseur a fait modifier l’article 11, avec de belles gesticulations, mais en se gardant bien de faire voter la loi organique indispensable à son entrée en vigueur. Le référendum d’initiative populaire reste donc à faire naître, avec des conditions d’organisation largement assouplies.

Dans l’instant, le référendum relève donc de votre autorité et en le mettant en œuvre vous redonnerez confiance à vos concitoyens. Vous leur permettrez d’accéder aux formes modernes de la gouvernance en rappelant au monde que la France est une grande démocratie.

Avec nos sentiments déférents.

dimanche 17 février 2013

Le vote blanc pour une nouvelle nuit du 4 août


Trop c’est trop.
La réflexion de François REBSAMEN, le président du groupe socialiste au Sénat, « Respecter le Parlement, ce n’est pas de le faire travailler jusqu’au 7 août », à une déclaration du ministre des relations avec le Parlement, Alain VIDALIES, annonçant un programme « très chargé » et « probablement » une session extraordinaire, est la goutte d’eau qui risque de faire déborder le vase de notre exaspération.

Le sénateur maire de Dijon reproche au gouvernement de « sombrer dans l’inflation législative » et d’oublier qu’il n’a la maîtrise de l’agenda législatif que « deux semaines sur quatre ». Il est vrai que le nombre de projets de lois à examiner est important, mais on ne peut faire grief à un président dont on a soutenu la candidature de vouloir respecter ses engagements et de soumettre trop de textes correspondant à ces mêmes engagements.
Comme souvent, il faut savoir lire entre les lignes et parmi les lois à examiner, il en est une qui n’arrange pas les sénateurs qui l’ont refusée le 18 janvier dernier, c’est celle proposée par le ministre de l’Intérieur concernant l’élection des conseillers départementaux (jusqu’à présent appelés conseillers généraux), des conseillers municipaux et communautaires et le report des élections départementales et régionales en 2015. Désormais, les conseillers départementaux se présenteront en binôme (une femme et un homme) pour assurer une stricte parité, ce qui signifie qu’il n’y a plus un candidat et son suppléant mais deux candidats élus en fonction d’un redécoupage des cantons dont un sur deux sera supprimé. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : 13,9 % de conseillères générales et 5,0% de présidentes de conseils généraux.
Le second volet du texte portant sur la réforme du mode de scrutin où les listes seront obligatoires à partir de 1000 habitants au lieu de 3500 semblait faire consensus malgré des chiffres éloquents : 35% de conseillères municipales et 13,8% de femmes maires.
Nous n’allons pas entrer dans tous les détails de la loi qui sera adoptée, mais le but du Sénat est clair. Le rejet permet de gagner du temps avec la navette et la procédure d’adoption allongée qui en découle et l’on peut légitimement se demander si tout cela n’est pas un jeu entre le pouvoir exécutif et législatif qui est détenu par la même majorité. Le prétexte invoqué par Monsieur REBSAMEN de « l’embouteillage législatif » sert ses intérêts à commencer par sa propre réélection en 2014.

Le propos n’est pas innocent après la récente annonce du report de la loi sur le cumul à 2017 par le président de l’Assemblé nationale Claude BARTOLONE, ni au moment où débute la campagne de communication du gouvernement sur l’objectif de déficit du budget à 3% qui ne sera pas tenu malgré les déclarations péremptoires qui avaient précédé.
Il est impératif d’organiser une nuit du 4 août pour mettre fin à cette nouvelle féodalité et à ces privilèges qui permettent aux élus de s’affranchir de toute éthique pour préserver leurs intérêts et disposer librement de nos votes sans contrôle.

Nous avons à notre disposition une arme redoutable : le vote blanc qui vient en discussion au Sénat le 28 février prochain après que les députés aient décidé qu’ils seront séparés des bulletins nuls, mais pas comptabilisés comme suffrages exprimés. Un nombre important de bulletins blancs pourra modifier sensiblement le résultat attendu par des candidats qui espéraient une réélection facile. Essayons de réfléchir au meilleur usage que nous pouvons en faire pour les scrutins de 2014.

LIBR’ACTEURS, est en relation étroite avec des associations et en particulier avec le PARTI du vote BLANC, pour réfléchir aux modalités d’actions de sensibilisation, et à une traduction concrète, dans les urnes en 2014.

B. MALAGUTI.

Crédits image : Le HuffPost avec AFP

mercredi 6 février 2013

L'Europe ... parlons en !


"Le Président a planché à Strasbourg sur L'EUROPE dont les faiblesses ont été cruellement mises à nues avec l’épopée solitaire de la France au MALI.
Libr'Acteurs pensent qu'il faut se poser les bonnes questions.
C'est en partie le sens de la collecte faite ci-dessous."
Les Libr'Acteurs.


L’Europe, les hommes d’État en avaient un schéma ; les hauts-fonctionnaires aussi. Deux modèles, des ébauches intellectuelles, pas des projets parfaitement définis.

Pour les uns, une association respectant chaque Nation, son passé, ses coutumes, son chemin historique, une association, mais au-delà du bien au-delà d'un simple arrangement commercial, d'un marché commun, d'une organisation de libre change.

Pour les autres, un État fédéral, dont la forme serait à étudier, voisine de la structure des Etats-Unis d'Amérique.

Deux possibilités, deux écoles, deux visions du monde et pourtant le débat n'a jamais eu lieu et aujourd'hui encore une bonne partie des problèmes provient de cette absence de clarification.

Pas de choix exprimés publiquement, pas de politique et, par conséquent, pas de stratégie.

Et peu à peu s’est auto-créé un appareil commun d'aspect purement fonctionnel dont le contenu politique s’avère invisible aux yeux de la plupart des citoyens.

La monnaie commune a figé une Europe bâtie en dehors de toutes réflexion politique, en dehors de toute vision du futur.

La monnaie commune est un moyen et sa gestion relève du domaine de la tactique , un moyen de cette politique économique commune et d’une politique fiscale intégrée inexistante.

Quelle est l'Europe souhaitée ?

Quelle est la gouvernance de l'Union européenne ?

Peut on parler d'Europe avec une Grande -Bretagne qui n'a jamais consenti à se sentir, donc à se comporter, comme continentale et qui s’emploie à créer une ambiance permanente de zizanie, à introduire sur tous les plans tous les freins possibles pour empêcher l'Europe de devenir une entité puissante sur le plan international.

Bref, l’ Union européenne nous est lointaine, au mieux étrangère, au pire une nuisance.

Et pourtant, fondamentalement parlant, nous lui devons la PAIX.

L'Europe reste donc à faire...avec les pays qui veulent affirmer sa place dans le concert international, son influence sur l'évolution du monde, sa maîtrise du marché qu'elle représente.

Et pourquoi pas un "amaigrissement" accompagné d'une tactique d'association offerte aux nations qui ne souhaiteraient pas une reconsidération des objectifs ?

Mais cela entraînerait trop de bouleversements sociaux et sociétaux.

Ou il faudrait s’inspirer de François 1er devant la Sorbonne dépassée : créer une structure parallèle à laquelle seraient peu à peu dévolus les pouvoirs et les moyens de la précédente, vidée peu à peu de sa réalité.

Eric CAMPION

samedi 2 février 2013

CUMUL DES MANDATS : OSONS L’INDISPENSABLE ET COURAGEUSE REFORME !


LIBR’ACTEURS, avec d’autres, travaille et plaide depuis des années pour que notre fonctionnement démocratique soit fondamentalement révisé.

Pour avoir côtoyé de très près et depuis très longtemps des élus de toute envergure, et notamment des petits maires ruraux, pour avoir étudié puis analysé notre fonctionnement démocratique, nous avons identifié le NON CUMUL DES MANDATS comme devant être la réforme fondamentale.

Evacuons si vous le voulez bien le « tous pourris » ridicule et contre productif car il séquestre d’emblée la réflexion au fond.
Laissons de côté les pitoyables sorties de certains grands élus, ardents défenseurs du KYR, du CASSOULET ou de la ROSETTE de Lyon, et du statu quo en terme de cumul.

Attachons nous à des données objectives, et à des constats pour le moins inquiétant comme celui qui révèle un formidable don : l’UBIQUITE pour un élu Conseiller Régional d’ILE DE France et Député de Haute Garonne. Le même, charmant au demeurant, est Secrétaire National aux élections pour son parti, c’est tout dire !!!

Rien, ne justifie le cumul de mandats et notamment de mandats exécutifs. Le Président de La République, habile tacticien, et orfèvre en consensus, l’a bien senti. Il propose la fin du cumul des mandats de parlementaires nationaux avec des mandats exécutifs locaux (Maires, Présidents et Adjoints de collectivités locales et groupements). Il ajoute, en évidence, qu’il suffit d’être simple Conseiller Municipal ou Communautaire, pour être au fait des problématiques de proximité. Il coupe ainsi l’herbe sous les pieds de vieux barons, sénateurs notamment, qui poussent des cris d’orfraie, invoquant la rupture avec l’échelon local !

Nous estimons avec révérence gardée que c’est bien, mais nous devons aller au-delà. Dès les années 80, spécialistes de droit constitutionnel, nous avons observé des dérives dans ce particularisme français. En 1986 une étude publiée dans l’actualité juridique de droit administratif (AJDA) (JC MASCLET) indiquait que sous la troisième république, 36% des parlementaires cumulaient un mandat local, chiffre porté à 42% sous la Quatrième République.
On frise en moyenne 70% depuis 1958 pour culminer désormais à prés de 90%, avec 50% de députés également maires….ils n’étaient que 27% en 1956.

Nous n’allons pas abreuver les lecteurs de chiffres, mais à l’heure des économies de deniers publics, il faut économiser les indemnités et frais de mandats, de manière à disposer d’un nombre suffisant d’élus là où ils sont nécessaires. Nous l’avons déjà signalé, tous les ratios CITOYEN/ELU montrent que la France est en surpopulation d’élus, par rapport à toutes les autres grandes démocraties.

Dans un récent ouvrage, Pierre CALAME (« Sauvons la Démocratie » Ed CL MAYER 2012) souligne que la démocratie parlementaire est dépassée par internet. Elle avait un sens au temps de la lettre, de la lenteur des transports et justifiait les réunions physiques de délégués.
Nous n’irons pas jusque là, mais cet éclairage montre combien la démocratie peut être réelle, plus exigeante et plus vaste dans la participation citoyenne. Là nous paraphraserons BERGSON en constatant que le champ démocratique s’agrandit, cela requiert donc un supplément d’âme. L’enquête IPSOS pour CEVIPOF qui vient d’être publiée est également riche d’enseignements (à lire ici).

Ce supplément d’âme, ou de courage, doit, peut être, conduire à faire disparaître purement et simplement le SENAT, et les Conseils Généraux. Il est temps de se donner des élus concernés et compétents. Nous avons pratiqués des micros-trottoirs, en ville et en campagne, avec des questions simples :
Connaissez-vous le nom de votre Conseiller Général ?
Citez le nom d’un des sénateurs de votre département ?
L’ignorance est accablante !

Un HOMME (une FEMME) Un MANDAT, ce principe simple peut être légèrement aménagé mais point trop. LIBR’ACTEURS préconise ainsi un cumul éventuel avec tous autres, des mandats municipaux et intercommunaux non exécutifs, et étudie l’impact d’un cumul du mandat de maire de commune de moins de 3500 habitants.

Il faut se persuader que ce particularisme français stérilise le renouvellement de notre terreau républicain, à l’heure où une nouvelle génération de citoyens frappe à la porte.
Le cumul, paradoxalement, nourrit l’irresponsabilité, est le lieu privilégié du conflit d’intérêts et du clientélisme, et est très souvent « mortifère » pour l’équilibre familial de l’élu cumulard.

Le Cumulard exerce de fait une influence beaucoup plus importante qu’il n’y paraît directement et indirectement, et par le cumul il s’installe dans une longévité politique que nous dénonçons également.
Cumuler, c’est détenir des pouvoirs d’impulsion ou de blocage dans de nombreux secteurs, voire de les mettre en coupe réglée.

« Tout Mandat impératif est nul » cette règle est évoquée comme une injonction paradoxale par les uns et les autres. Elle n’empêche pas les votes GODILLOTS, ou les libertés prises par rapport au mandant de base par l’élu cumulard au gré des niveaux ou le cumul lui donnent accès.
Des parlementaires nationaux, Européens ou Régionaux avec un seul mandat, c’est l’assurance de prise de décisions dans l’intérêt national et régional .Ici nous pouvons renvoyer à une saine prise de conscience d’une jeune députée du DOUBS et à son billet sur LE MONDE.fr (à lire ici)

Pour le local et l’intercommunal, nous disposerons d’élus de proximité accessibles et identifiables. N’oublions jamais qu’un parlementaire national, dès qu’il est élu, représente le peuple dans son ensemble et non pas un petit particularisme local. Dès lors, une Assemblée nationale constituée de 3 ou 4 élus par département, peut paraître largement suffisante.

Pour toutes ces raisons et d’autres que nous développerons si nécessaire, LIBR’ACTEURS entend faire de cette question l’axe central du débat public. Il ne s’agit pas d’une question subsidiaire ou symbolique, mais bien de la mère de toutes les réformes.
Si l’on veut redonner confiance en l’élu, il faut qu’il soit irréprochable dans le mandat qu’il porte et qu’il l’exerce avec constance et attention. Il faut également véritablement prendre en compte et traduire en siège le poids d’un vote « blanc » souvent significatif.

En ne portant qu’un seul mandat, le temps à y consacrer sera plus long et laissera de surcroît la faculté de rester en phase avec son métier d’origine, pour y revenir dans de bonnes conditions après le temps du politique cantonné à 12 ou 15 ans en continuité .Il faut mettre fin au rôle pervers des appareils politiques, pour dire qui a droit à l’investiture. Nous avons connu des candidats qui auraient pu porter avec talent un mandat, et des élus bien incapables de justifier l’honneur qui leur échoit !!

Une telle réforme, est la seule à pouvoir servir de charpente à un statut de l’élu ambitieux et légitime.
Il n’y aurait plus de régime de retraite spécial ou de garantie « chômage électoral » mais des cotisations chômage et retraite versées aux régimes dont dépendent le citoyen élu, des cursus de carrière théorique poursuivi, des stages de mise à niveau durant le mandat, des assurances raisonnables de réintégration, et surtout un accès, si nécessaire, en fin de mandat à de l’ « OUT PLACEMENT » très renforcé en termes de durée et d’accompagnement.

Que tous ceux et celles qui lisent et partagent notre analyse réfléchissent aux moyens d’actions pour que 2013 soit l’année de la prise de conscience et 2014 celle de la mise en œuvre effective, par la sanction de tous les cumulards lors des scrutins à venir.

Vos idées, messages et propositions, sur notre adresse : libracteur@gmail.com, seront les bienvenus.

R HASSELMANN

Crédit Image : DELIGNE / La Croix