lundi 12 septembre 2016

Redonnons du lustre à nos institutions en 2017

Il est grand temps que les politiques cessent de s'accrocher au pouvoir. Élisons à la présidentielle de 2017 un candidat, porté par une initiative citoyenne, dont le défi sera de changer le fonctionnement de nos institutions.

Quelle semaine ! Qu'on en juge, après le discours de François Hollande jeudi 8 septembre à la salle Wagram, qui revêtait un côté surréaliste que chacun a cherché à comprendre ou à décrypter , nous avons eu droit au carnet de bal des impétrants à la primaire LR, et un petit tour de pupitre à Reims pour les assisses du «Fabriqué en France» . Et cerise sur le gâteau, la fête de l'Huma à La Courneuve. 

Michel Serres écrit dans «La Petite Poucette» : «le temps ou des puissants supposés commandent à des imbéciles supposés est révolu !» Il faut croire et redouter que nos puissants, fruits d'une démocratie épuisée, n'aient pas ce type de bonne lecture. Il y a peu, sur «Le Cercle» nous avions osé une annonce d'emploi, avec un profil type de candidat, pour un CDD de 5 ans à pourvoir en 2017. La feuille de route portait notamment sur l'impérieuse nécessité de modifier d'abord notre fonctionnement démocratique.

Jeu de dupes

La semaine qui s'achève ne peut que conforter le plus grand nombre dans cette évidence, faute de quoi 2017 sera un nouveau marché de dupes, avec une abstention redoutable et un gagnant par défaut comme en 2002. Il faut se persuader en effet qu'un Président ou Présidente élu(e) à l'issue d'une telle mascarade n'aura dès le lendemain de l'élection aucune légitimité dans l'esprit de la majorité des citoyens.
L'élection du Président au suffrage universel, pilier de notre constitution, arrive de fait au bout de sa logique. Conçu pour et par Charles de Gaulle, le processus a perduré jusqu'à nos jours, mais le syndrome des primaires y porte un coup fatal. Passe encore pour des primaires d'initiative citoyenne, animées par des collectifs soucieux d'échapper au joug des partis, mais qu'en est-il des primaires artisanes de quelque couleur qu'elles soient.
C'est une nouvelle expression de la main mise des partis qui filtrent et veulent continuer à s'arroger l'exorbitant pouvoir de dire qui sera candidat et qui ne le sera pas. Ainsi, après les 500 parrainages, désormais publiés, le financement préempté, nous avons la ceinture et les bretelles pour mieux verrouiller.

Une autre voix

Il faut pourtant savoir qu'un pays où les dirigeants s'accrochent est un pays en déclin. Là encore, il faut relire Michel Crozier, en avance sur son temps : «comme dans toutes les grandes mutations, ce sont les hommes qui sont en avance et le système qui est en retard». C'est exactement de cela dont il s'agit, sur le terrain, l'initiative citoyenne bouillonne. Il est possible à partir de la citoyenneté active des territoires de proposer un nouveau mode de fonctionnement économique et social. Alors, essayons en commençant par le commencement.
Ce commencement consisterait à porter en 2017 aux commandes un candidat citoyen dont la première et peut-être unique mission serait dans les 6 premiers mois de mandat de changer notre fonctionnement institutionnel.
Un candidat citoyen, vierge ou pas de toute trajectoire politique, mais regardé comme l'incarnation et l'instrument d'une large volonté populaire de changement. Un candidat qui offrirait à la vraie majorité de ce pays, celle des abstentionnistes, des non-inscrits, du vote blanc, ou des dépités tentés par autre chose, la possibilité d'exprimer sur son nom un vote précis, prélude à l'élection d'une Assemblée nationale elle-même constituée par des motivations identiques.
Il reste quelques mois pour y réfléchir avec cette belle formule empruntée à Saint-Exupéry : «La pierre n'a point d'espoir d'être autre chose que pierre, mais en collaborant elle s'assemble et devient temple».




mercredi 7 septembre 2016

Conscience de la terre !

Pour avoir réfléchi à l'écologie du citoyen depuis près d'un demi-siècle, il paraît indispensable de souligner la nouvelle donne à laquelle nous sommes confrontés, pour qu'elle ne soit pas occultée en 2017.

Comme l'a très bien souligné Edgard Morin, nous ne sommes pas en crise, mais en métamorphose, avec un scénario qui rend caduque ce que nous avons connu lors des crises économiques et sociales de 1873 ou 1929 notamment.

Aujourd'hui, il est évident pour tous que la grande majorité des ressources de la terre ne sont pas inépuisables. Dès lors, en regard de la mondialisation, des attentes et des appétits, il est impératif de proposer un autre modèle à partir de postulats simples et compréhensibles par tous, à savoir :

*Le globe terrestre n'est pas extensible, même si nous venons de découvrir une exoplanète, Proxima B, qui serait "fréquentable" et/ou les extras terrestres refont surface !

*La population mondiale croit sous le double effet de la natalité et de l'espérance de vie.

*Les ressources fossiles, ces biens communs, s'épuisent jusque et y compris les terres riches et rares.

*L'anthropocène n'est pas un mythe et la biodiversité en souffre.

Cela est incontestable, nous sommes donc face à une équation ou il n'y a aucune inconnue. Les citoyens acteurs ont tous une responsabilité environnementale, et ceux qui prétendent à une haute responsabilité doivent plus que tous y penser !

Ainsi, si nous ne pouvons plus extraire sans compter, jeter sans recycler, ou éliminer des déchets toxiques, nous devons repenser toutes nos consommations et notre appétit de croissance.

En d'autres termes, nous devons revisiter notre fonctionnement économique et montrer comment des comportements modifiés, tirés en particulier des circuits courts et de l'économie circulaire sont de nature à forger un autre ADN à la notion de valeur. Il s'agit simplement d'admettre et de dire qu'une économie empreinte de la conscience de la terre est indispensable, souhaitable et surtout possible, sans nuire à la croissance et aux emplois.

Cela ne passe en aucun cas par les gesticulations de certains écologistes, regardés comme punitifs ou adeptes de la décroissance. Cela demande par contre un soutien sans faille, au niveau mondial et européen en particulier, à toutes les formes d'écologie entrepreneuriale, et à toutes les initiatives individuelles ou collectives qui privilégient les énergies nouvelles, le recyclage des déchets et toutes autres formes d'utilisation lucide de la ressource.

Ce soutien sans faille commande des politiques publiques de simplification des procédures, implique des crédits fléchés des grands fonds européens et une nouvelle approche de la mesure de performance des entités. Il est des apports immatériels au bien-être commun qui mériteraient une autre considération collective. Une telle orientation est sans doute à moyen terme un des éléments de réponse de nature à fixer les réfugiés climatiques, économiques, voire politiques, éliminant ainsi les pressions humanitaires.

Un projet politique 2017/2022, bâti avec de tels pré-requis n'est pas incompatible avec les attentes d'emplois, de croissance et de mieux vivre au contraire.dans tous les domaines, cette nouvelle typologie de comportement va émoustiller la recherche et l'innovation, justifier les "clusters" et l'aide a nos universités.

 Cela va conduire à de nouvelles formes de solidarités de proximité, au collaboratif et au partage et donner aux entreprises une occasion formidable de montrer que la RSE n'est pas qu'un sigle à la mode. L'indispensable croissance passe en effet par des entreprises actrices dans leur cercle qui mériteront la confiance accordée.

mercredi 31 août 2016

Présidentielle 2017 : trop lent, trop frileux, trop mou

Les candidats à l'élection présidentielle devraient s'inspirer de la devise olympique pour bâtir leurs programmes pour 2017. Au lieu de cela, c'est trop lent, trop frileux et trop mou.

Les Jeux Olympiques viennent de s'achever avec un record de médailles (42) pour les athlètes français , faisant honneur à la devise olympique : « citius, altius, fortius » (plus vite, plus haut, plus fort). Si nos champions se sont surpassés, ce n'est pas vraiment le cas des nombreux candidats à l'élection présidentielles de 2017. En l'état actuel, c'est trop lent, trop frileux et trop mou ! 

Le temps est venu pour une nouvelle citoyenneté active qui conduit de nouveaux modes de sélection de ses mandataires élus. Les rapports, les articles et éditoriaux publiés ici ou là prouvent que tous les blocages sont identifiés et que nombreux sont ceux qui savent ce qu'il faut faire. L'écoute attentive du terrain, l'immersion dans l'initiative citoyenne de proximité permettent de conforter un schéma stratégique, à l'aune duquel devront être jaugés les impétrants de 2017.

Il doit être construit sur quatre piliers : une réforme sans faiblesse du cadre institutionnel ; une approche innovante d'un nouveau modèle social ; une déclinaison lucide des enjeux et responsabilités des acteurs économiques, dans un nouveau contexte géopolitique ; une prospective réaliste de la transition écologique indispensable.

Les valeurs olympiques appliquées à la politique

Plus vite dans la réforme territoriale, pour aller au bout de la décentralisation qui, n'en déplaise aux sénateurs, qui souhaitent imposer « leur train». Osons un conseil de la citoyenneté associative en lieu et place du Sénat et du Conseil économique et social.

Plus haute l'ambition d'un nouveau modèle social, qui élargit la base solidaire, en matière de retraite, et d'emploi, et instaure un système de santé qui donne la primauté absolue au citoyen acteur de sa santé, financeur, et toujours patient par l'âge, la maladie ou l'accident.

Plus forte l'impérieuse nécessité de reconnaître l'entrepreneur qui prend le risque et qui crée l'emploi. Reconnaissance assortie de confiance quant à la gouvernance et au respect de la valeur travail et identifie le tiers secteur comme réponse appropriée pour de vraies missions de service public.

Enfin, plus vite, plus haute, plus forte, la conscience de la terre, pour que le développement durable mérite sa définition, et ce qui se fait aujourd'hui n'obère pas lourdement le quotidien des générations futures. Tout cela en proximité, le citoyen est en capacité de le comprendre et d'y apporter sa pierre, à condition qu'on veuille bien expliquer sans céder au populisme et la démagogie.

mercredi 24 août 2016

Croissance d'abord !

Il faut espérer que nombreux seront ceux et celles qui ce mardi soir (mardi 16/08/2016), au 20h de France 2, auront entendu un éphémère ministre de l'Éducation, afficher son ambition présidentielle et crier haut et fort que la croissance n'est pas nécessaire... il suffit de travailler moins !

Il faut en effet avoir entendu cela pour comprendre en quoi l'échéance de 2017 est cruciale et dépasse très largement la lecture convenue du clivage droite/gauche.
Il est en effet impératif d'identifier nos blocages intellectuels ou sémantiques pour y apporter une réponse collective pertinente. En l'espèce, il faut tordre le cou à la vieille lune du travailler moins pour ériger le travailler mieux , recette pour optimiser le denier public et sa redistribution. N'en déplaise à certains, ce denier public, qui fait les solidarités, la discrimination positive, est le fruit de la performance, la force innovante et concurrentielle de nos produits et services, et le nombre de nos emplois marchands que cela génère.

Comme déjà dit et écrit ici et ailleurs, la France ne peut plus se complaire dans un déni des réalités et donner à croire qu'elle aurait raison contre la terre entière. Ce déni de réalité qui nous conduit à ignorer les simples comparaisons, pourtant objectives et disponibles. Sur ce point beaucoup gagneraient à lire avec attention un rapport de France Stratégie d'avril2015 "Quelle action publique pour demain ?" d'où il ressort qu'en 44 ans nos dépenses publiques sont passées de 35 % du PIB à 57,2 % pour des résultats qui, en terme d'efficacité, ne sont pas meilleurs, loin s'en faut, de ceux de nos voisins qui y consacrent une part moindre de leur richesse nationale.

Déni de ces simples réalités qui montre aussi que la France ne sait pas prioriser l'affectation de son denier public, menée qu'elle est par une classe politique qui ignore que gouverner c'est choisir ! Gouverner demain ce sera de savoir dire qu'un pays comme le nôtre à une force capable d'innover de produire et de diffuser, à condition de travailler mieux et d'avoir une meilleure sélectivité dans l'affectation du denier public, à mettre d'abord à la disposition de la dynamique territoriale de proximité.

Prioriser, il suffit pour s'en convaincre d'étudier l'indicateur de sélectivité des dépenses publiques par fonction pour constater qu'en France il est le plus neutre, là où, dans d'autres pays, il met en exergue des choix clairs et marqués.

Travailler mieux c'est sans doute et d'abord aider notre jeunesse à trouver les meilleures conditions pour le faire avec des universités fortes, portées par les acteurs économiques locaux, débarrassées du jacobinisme bureaucratique tatillon, qui explique notre nouveau recul au classement Shanghai.

De fait, il n'y a pas de fatalité, car notre pays recèle des potentiels considérables à condition de bien les identifier pour les mobiliser. Pour cela, il est impératif de ne pas négliger les assertions qui prouvent que certains impétrants pour 2017 se posent encore la question de savoir comment dépenser, avant de créer, où dit autrement dépenser avant de gagner !

Cette très fâcheuse tendance répandue à droite comme à gauche trouve malheureusement son explication dans l'incapacité des politiques à conceptualiser la croissance et ses ingrédients. Ils privilégient le message électoral du mieux disant, appuyé sur des promesses et dépenses nouvelles induites, et fondées sur les prévisions de... croissance qui toutes se révèlent folkloriques.

C'est en regard de cette approche que devront être jaugés et jugés les programmes 2017, qui ne peuvent se nourrir de toutes les formes de populisme, sécuritaires, identitaires, économiques ou sociaux !

R. HASSELMANN

lundi 22 août 2016

CACHEZ CE BURKINI QUE JE NE SAURAI VOIR !


LIBR’ACTEURS compte en ses rangs toutes les sensibilités, et s’efforce de laisser s’exprimer les points de vue exprimés.
C’est notamment le cas, comme ici quand il s’agit d’une question sensible et que l’intervenant est particulièrement qualifié.

Merci de vos attentions.


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En ces temps compliqués, tendus où règne une nervosité ambiante suite aux attentats , à une situation économique morose, nos gouvernants et la classe politique semblent eux aussi débordés, perdus voire paniqués.

Au moment où on attend d’eux qu’ils apportent sérénité, pédagogie et mettent de l’huile dans les rouages pour consolider le mieux vivre ensemble, ils font tout le contraire.
Les récents arrêtés sur le BURKINI démontrent bien cette panique. La loi interdit d’avoir le visage entièrement couvert au nom de la laïcité à la Française. Or on peut constater que ce vêtement ne cache pas le visage de celle qui le porte et donc n’enfreint pas la loi.

Sur un plan factuel et logique, interdire le port du BURKINI implique alors interdire le port de toute combinaison de plongée ou autre, aux femmes de porter des « leg in »,  tout vêtement couvrant le corps.
Les Autorités clament haut et fort que les femmes doivent porter des vêtements « laïques ». Alors qu’est-ce qu’une tenue laïque ? Légiférons et imposons des tenues réglementées ou mieux bikini ou monokini obligatoire.

Prétendre que les femmes qui portent le BURKINI sont des terroristes ou font du prosélytisme, est ridicule et hors propos. C’est les prendre pour «incapables » de faire un discernement.

La très grande majorité des femmes musulmanes en France ne porte pas le voile, ni le foulard.
Tout un ramdam pour quelques verbalisations. Ce « musulman bashing » met en exergue :
*Une méconnaissance totale de l’Islam, de sa diversité culturelle, ethnique et dans la pratique de la foi
*Faire de cas particuliers une généralité, combien de femmes portent un BURKINI? A t on vu des BURKINIS sur toutes les plages de France ? Sommes-nous envahis ?

Une infraction à la loi, à quelle loi, puisque nous sommes dans un pays libre .Etre habillé ,en maillot ,en combinaison, ne pose pas de problème. Ainsi,  on peut écrire ce que l’on veut, on peut tout caricaturer,  par contre ne peut pas s’habiller librement !

L’imagination est plus fertile pour traiter ces problèmes que de réellement s’attaquer aux défis économiques..
Au plan européen et international nous sommes regardés avec le sourire, nos gouvernants frisent le ridicule!!!!

Il est temps que nos Hommes politiques se ressaisissent rapidement et trouvent les paroles et les actes  pour apaiser les tensions et remettre harmonie et intelligence collective au service de tous, la question est de savoir si ils en sont encore capables ?

Franck NOURMAMODE 

lundi 15 août 2016

Sécurité et liberté pour 2017

Les projets des candidats à la magistrature suprême devront être centrés sur deux priorités : la sécurité et la liberté. La première ne devant pas entraver la seconde.

Sécurité et liberté, deux objectifs qui peuvent paraître antinomiques et pourtant qui sont, en fait, parfaitement complémentaires. Ces deux priorités doivent être reprises par les candidats à la présidentielle de 2017 servir de poutres maîtresses à un projet novateur, seul de nature à nous éviter un marché de dupes.
Le besoin de sécurité touche en effet à tout ce qui fait le quotidien du citoyen. Outre la sécurité première des personnes et des biens, qui implique des mesures fortes et des moyens régaliens conséquents à l'intérieur comme à l'extérieur de nos frontières, il est d'autres sécurités.

Des besoins de sécurité

On pense ici de la sécurité de l'emploi, de sécurité sanitaire et alimentaire, de sécurité environnementale, ou encore, et c'est tout aussi important de sécurité législative et fiscale, de nature à garantir à la fois stabilité d'un cadre et veille de l'éthique et l'équité fiscale.

Différentes approches de la sécurité pour lesquelles il faut des propositions innovantes et qui ne font pas obstacle, au contraire, à la seconde attente forte des Français, la liberté ! Alain avait une belle formule « La liberté ne va pas sans l'ordre, mais l'ordre ne vaut rien sans la liberté », le philosophe entendait bien évidemment par ordre, un cadre sécurisant.

Libérer l'entrepreneuriat et sécuriser l'emploi

La liberté attendue est celle des citoyens, dans leurs modes de vie et leurs croyances, et aussi dans la libre disposition de leurs biens. C'est aussi la liberté d'entreprendre, pour créer des emplois ou son emploi, sans subir l'univers kafkaïen de la norme franchouillarde. Cette création d'emplois et notamment d'emplois marchands est le seul vrai remède pour retrouver la croissance.

Cette croissance qui autorisera demain la promotion sociale et la discrimination positive, de nature à rompre les inégalités, sociales et de territoires. Une liberté, des libertés qui seront portées par des cadres collectifs clairs, garants pour tous de la sécurité évoquée supra. S’il y a défiance du citoyen vis-à-vis du politique c'est qu'il a été incapable depuis des années d'identifier les ruptures qui impactent notre vivre ensemble.

Ne plus continuer comme avant

C'est en cela que le projet 2017 doit être un véritable plan stratégique pour l'entreprise France et les managers prétendants doivent impérativement afficher leur plan et dire par quel directoire resserré il sera conduit. À l'évidence, cela passe par une identification sans faiblesse des handicaps d'un pays qui est dans le déni de réalité, qui pense avoir raison contre la terre entière, restant inerte face à la nouvelle donne géopolitique mondiale.

En regard des enjeux démographiques ,de la montée de nouvelles puissances, de l'épuisement avéré des ressources de notre bonne vieille terre, ou encore des nouvelles technologies, nous ne pouvons plus continuer à faire comme avant ! Il faut avoir le courage de bousculer et de dire, ainsi, nous ne pouvons plus accepter dans ce pays que des citoyens à statuts protégés pèsent sur le collectif, alors que d'autres vivent dans l'insécurité et la précarité de l'emploi.

Des réalités trop souvent niées

Dans le même temps, nous ne pouvons plus accepter, non plus, que des citoyens se servent des rémunérations exorbitantes quand la performance passe par la casse d'emplois ou des tours de passe-passe fiscaux. Il est également indispensable de proposer des mesures qui prennent en compte la fragilité croissante de la planète dans son climat et ses ressources, en ne laissant plus impunies les atteintes graves à ces biens communs.
Nous ne pouvons plus enfin, et peut-être surtout, admettre que ce pays sacrifie sa jeunesse, touchée plus que d'autres par la précarité et le chômage, et se détournant de plus en plus d'une démocratie confisquée par le vote senior. Ces réalités et d'autres trop longtemps niées font le lit du vote protestataire, qui menace. Si l'on veut éviter que 2017 soit un nouveau rendez-vous manqué, il importe de parler sans complaisance et de proposer sans tabou ! 

dimanche 7 août 2016

Impôts locaux : deux pistes pour redresser les comptes municipaux

Dans un contexte de rareté des deniers publics, les maires doivent utiliser tous les moyens en leur pouvoir optimiser le budget communal.

« Qui lève l'impôt le dépense », une vieille formule tombée en désuétude qui gagnerait à être réétudiée. Réétudiée où le denier public se fait rare et pèse sur les ménages où l'État ratiocine sur ses dotations et où la Cour des comptes continue à dire, en pure perte, que les chiffres du déficit et le poids des cadeaux catégoriels sont... sous-évalués.
Qui lève l'impôt le dépense, mais encore faudrait-il, avant de lever cet impôt, tirer parti de la potentialité de la collectivité. En l'espèce, nous sommes très loin du compte. Il ne s'agit pas ici de dresser un tableau exhaustif des modalités d'optimisation budgétaire par une gestion communale pertinente. Bornons-nous à deux aspects que le lecteur connaît sans doute. L'un a trait à l'appropriation par la commune, des biens vacants et sans maître sur son territoire, l'autre à la mobilisation par cette même commune de toutes les valeurs locatives imposables.

Récupérer les biens dont la côté foncière n'est plus réglée

Dans toutes les communes de France, tous les ans, le Comptable public en charge du recouvrement dresse un état des restes à recouvrer, au titre de différentes impositions qu'il a prises en charge. Dans ce cadre, chaque année, par exercice de mise en recouvrement, un maire peut connaître en particulier l'état des taxes foncières bâties (TFB) et non bâties (TFNB) impayées.

Depuis une loi d'août 2004, portant modification de l'article 713 du Code civil, dès qu'une côte foncière n'est pas réglée depuis plus de 3 ans, la commune est fondée à récupérer la propriété du bien concerné, par envoie en possession au titre de la procédure des biens vacants et sans maître. Le citoyen n'a pas idée de la rareté relative des procédures de cette nature diligentées en regard du nombre de cas d'espèce.

Cette situation est dommageable pour tout administré par le biais des admissions en non-valeur prononcées, financées comme tout dégrèvement par une ligne particulière. Dommageable aussi, car la commune a la faculté de céder de foncier. Les produits tirés de ces cessions seront utilement affectés à la prise en charge de services nouveaux, ou à la réalisation d'équipements avec un moindre impact sur le contribuable.

Mobiliser toutes les valeurs locatives imposables 

Dans le même ordre d'idée, qui témoigne assez de l'impérieuse nécessité de revoir la gestion des collectivités, il faut parler de la mobilisation effective de toutes les valeurs locatives. Il paraît urgent dans chaque commune de France d'enjoindre aux services du cadastre de produire une cartographie précise des parcelles bâties et non bâties pour rapprocher celle-ci des rôles locaux d'imposition au foncier bâti et non bâti, voire à la taxe d'habitation et même de la CFE (contribution foncière des entreprises).
Ce petit travail permettra de mettre en évidence d'une part les occupations d'espaces sans droit ni titre et d'autre part de mobiliser toute la fiscalité potentielle d'une commune. Il faut en effet savoir qu'une collectivité qui se prive de cet examen subit une double peine. Outre l'impact en termes de recettes fiscales, les résidents concernés consomment les équipements collectifs et services et participent à l'usure des voies et réseaux.
Deux petits exemples, parmi de nombreux, en ce domaine comme dans d'autres, qui témoignent de l'urgence qu'il y a, à se donner à tous les niveaux institutionnels des élus qui ont réfléchi et qui ne versent pas dans la facilité consistant à créer de l'impôt dès qu'un financement est nécessaire.