lundi 12 septembre 2011

De la crise à la convergence ?

La crise que nous vivons n’est pas une crise. Elle n’est que l’un des soubresauts d’une mutation que nous refusons de reconnaître. Elle est annonciatrice du pire comme du meilleur.

En ce sens cette crise de l’été 2011 pourrait favoriser une triple prise de conscience : les méfaits de la finance, la fragilité d’une organisation complexe où trop de décisions ont été abandonnées au privé, émiettées, balkanisées et où, par voie de conséquence, même les classes moyennes, et même supérieures, finissent par être victimes de ce système.

Pour autant, nous le savons, le retour du balancier vers le collectivisme ne serait qu’une nouvelle illusion qui ne ferait que reculer l’échéance d’un effondrement inéluctable.

Nous sommes donc condamnés, condamnation salutaire au demeurant, à concevoir un nouveau « contrat social ». Ce qui requiert de chaque citoyen qu’il renonce aux idées « toute faites ». Celles dont il n’a pas su s’affranchir jusqu’à ce bord de précipice.

Le citoyen de droite doit prendre conscience que son soutien, sa soumission même, au système libéral a raison de ses intérêts et qu’une économie plus régulée ferait son affaire.

Le citoyen de gauche doit prendre conscience que son soutien à un système bureaucratique a déjà eu raison de son désir de solidarité qui est illusoire sans responsabilité.

Je vois donc dans la crise une occasion à saisir avant qu’il ne soit trop tard. Car deux évolutions s’offrent à nous, l’une probable, l’autre possible.

L’évolution la plus probable, c’est celle d’un libéralisme aveugle qui s’enfonce toujours plus dans ses embardées. Là où l’efficacité économique nous a été tant vantée, nous risquons d’avoir des ressources humaines toujours plus considérables qui ne produisent rien. Jusqu’au chaos.

Comment ne pas finir par se dire que, même moins productives, ces ressources humaines pourraient produire plus de richesse et plus de mieux être ? Ce qui implique une volonté politique. Un choix, toujours discutable en démocratie, pour dire ce qui est essentiel de ce qui est futile ou superflu. Ce point est à mes yeux essentiel.

Une énergie considérable est consacrée à produire des nouveautés qui deviennent indispensables parce qu’elles deviennent de nouvelles addictions. Au détriment de besoins essentiels (enseignement, santé, sécurité, écologie, lien social…), au détriment des plus faibles, chacun, dans ses choix individualistes, espérant bien ne pas être dans le camp des faibles.

Est-ce une fatalité ? N’est-ce pas plutôt la porte d’entrée d’une possible alternative ?

Celle d’une sorte de socialisme de demain. Un socialisme qui doit nécessairement couper le cordon ombilical avec la bureaucratie, la titularisation, les régimes spéciaux, l’irresponsabilité et l’assistanat … Un socialisme qui s’approprie les méthodes de management, certes adoucies, dont l’entreprise privée a démontré la performance. Un socialisme qui pourrait convaincre l’électeur de droite qu’il est bien, lui aussi, de ce camp là.

Si la gauche (quelle gauche ?) veut être responsable, elle doit faire cette révolution. Celle qui lui permettra de dégager une forte majorité. Celle dont le poids est indispensable pour mettre réellement en œuvre l’alternative qui vient d’être évoquée.

Les idées et les hommes sont là. Encore faut-il qu’ils soient entendus.

Par exemple, dans cette actualité estivale, la publication par Edgar Morin de son ouvrage « La Voie » mérite une lecture attentive. Dans le même esprit et malgré une approche à mon sens trop « victimaire », Pierre Larrouturou formule une excellente analyse et des propositions intéressantes dans son dernier livre « Pour éviter le crash ultime ». Stéphane Hessel, aujourd’hui « auteur à succès » nous aura invités à nous indigner et, plus récemment encore, à nous engager…

Autant dire qu’un « Appel » de « Sages », solennel et pédagogique, recueillerait un écho auprès des esprits plus murs que jamais. Et également auprès de citoyens d’une Europe qui doit, elle aussi, réviser ses dogmes en profondeur.

Ne laissons passer cette occasion.


Christian LIEBER
Expert-comptable


Crédit photo
Wikimemoire

jeudi 8 septembre 2011

Souveraineté européenne : Mode d’emploi

Comme le recommandait Jean-Pierre Chevènement, à propos de l'Europe et de l'euro, il s’agirait non de « sauter par le hublot d'un avion mal piloté, mais de changer de pilote – ou plus exactement de prendre le contrôle du poste de pilotage, avec un nouveau plan de vol »

Soit l’affirmation de la mise en place d'un gouvernement politique, économique et financier de la zone euro. Et de plus la vision et la volonté de la France, mais aussi de l'Allemagne et des autres Etats européens, de s'unir pour réaliser un vrai souverainisme européen.

Pourquoi ?

Pour affronter une concurrence internationale de plus en plus impitoyable. Pour cela il faut de la cohésion et de la puissance, et ainsi faire face, efficacement aux super-Etats qui se partagent dorénavant la domination de la planète (USA, Chine, Russie, Inde, Japon…..)

L’Europe ne peut plus se payer le luxe d’une « coalition hétéroclite d'Etats-nations marquée par la division et l'impuissance » De plus l’Europe ne peut plus se permettre des institutions européennes souffrant d'un grave déficit de légitimité politique qui, à terme, feront le jeu des souverainismes anti-européens les plus irresponsables.

Comment ?

Par la mise en place d'un Etat souverain fort, qui serait aussi une véritable « République politique et sociale », étendu à l'ensemble de l'Europe.

Un Etat fédéral ?

Oui, mais les opinions publiques attachées à leurs racines nationales, ne se laisseront pas convaincre par des arguments de type juridique, portant sur les mérites comparés de telle ou telle forme constitutionnelle. Il leur faudra de très forts motifs, pour accepter de s'engager dans une telle aventure, dans le contexte de l’aggravation de la crise mondiale.

Un Etat fédéral oui, mais pas un fédéralisme mou, générateur d'abus multiples, sans chefs de file, un Etat fédéral puissant

Qui ?

La Fédération des Etats Européens doit réussir à convaincre, malgré les différences, et divergences de tous les Etats potentiellement membres. Le principal enjeu, consiste à fondre dans un ensemble homogène et solidaire, des sociétés que beaucoup de facteurs avaient jusqu'ici rendues hétérogènes. Seule l'union des diversités, fera la force de l'Europe !

Un Souverainisme européen exercé par un Etat fédéral puissant et solidaire au travers d'actions comme :

Réindustrialiser l’économie Européenne, en faisant appel à ses propres épargnes,
Engager de grands programmes techno-scientifiques,
Harmoniser les niveaux de développements de ses diverses composantes régionales,
Moderniser en profondeur ses services publics et ses équipements sociaux,
Se doter d'une défense efficace

Tout ceci avec la mise en place de politiques publiques harmonisées en termes réglementaires, fiscaux et budgétaires, à l'intérieur de frontières communes convenablement protégées.

Qui fait quoi ?

La Fédération européenne devra se doter d'une politique extérieure et de défense, de politiques économiques, budgétaires et monétaires complétées par diverses politiques techniques relevant de ministères ou d'agences spécialisées : Energie, transports, environnement, recherche, ...

D'autres domaines feront par contre l'objet de compétences mixtes, partagées avec les Etats- membres : Enseignement, culture, aménagement du territoire et urbanisme, santé, ...

Car, que penser de 60% des ressources fiscales et assimilées de l'Europe pour alimenter le niveau fédéral, et les 40% restant à la disposition des Etats membres ?

Est ce trop demander ?

Un Souverainisme européen exercé par un Etat fédéral puissant et solidaire ou un illusoire souverainisme national ou des rébellions aveugles et destructrices ne génèrent que d’avantage de servitudes aux diktats financiers de la banque mondiale, du FMI et des spéculateurs de tous poils et de toutes nationalités.


Eric CAMPION

lundi 5 septembre 2011

Europe, unique objet de nos ressentiments !

Il fallait bien s’y attendre. François BAROIN, bombardé Ministre de l’Economie et des Finances, après avoir fait un caprice et « pipi sur le perron de l’Elysée », s’est pris, il y a peu, les pieds dans le tapis. Faute de culture particulière et générale, le brave homme a pensé que la BCE était a sa botte.

Cette péripétie qui fait rire toute l’Europe permet au moins de revenir sur les désordres financiers et monétaires, et sur le bouc émissaire Européen.

Il faut dire que l’actualité fournit tous les jours l’occasion de charger l’Union Européenne : Quelle riposte aux spéculateurs, quelle harmonisation fiscale, quelle place aux services publics, quelle stature vis-à-vis de la Syrie, ...

Cela est a notre sens dépassé. Pour avoir eu la chance de bénéficier de la première chaire de droit communautaire a Strasbourg et de faire des piges étudiantes au Conseil de l’Europe, il y a prés d’un demi siècle, je crois pouvoir dire que le vers était dans le fruit très vite.

Les débats « Européo/européens », qui bousculaient les partis et les sensibilités, ignoraient qu’au-delà de l’Europe, il y avait le monde. Un monde qui s’ébrouait et qui est désormais bien réveillé. « Les mouches ont changé d’âne » comme disait mon grand- père.

Face aux délocalisations, au dumping social, et autres menus piratages économiques et technologiques, c’est sur le principe même de l’Europe que l’on s’étripe.

ETRE ou NE PAS ETRE : Europe levier ou Europe frein, Libérale ou sociale, élargie ou resserrée, atlantiste ou non ?

Autant de questions qui vont devoir être clairement exposées en 2012, avec ce que cela comporte de pièges pour tous ceux et ils sont nombreux qui ne se sont pas forgés une conviction forte à partir d’une vision claire des enjeux.

En effet chacune des questions posées, divise au sein même de chaque parti, et des majorités d’idées, créent des majorités improbables comme on l’a vu précédemment.

LIBR’ACTEURS a publié depuis plusieurs années sur l’Europe. Cela nous autorise à dire, qu’a minimum, quand une UNION se donne un parlement élu au scrutin universel de liste, comme c’est le cas, il serait élégant et démocratique de le consulter dans les cas graves.

En ce sens il est pitoyable qu’un Ministre néophyte, qui ne connait pas les us et coutumes, se fassent tancer par un fonctionnaire de la BCE, pour avoir spéculé sur le rachat de dettes de l’Espagne et l’Italie. Il eut été de bonne logique démocratique que le parlement européen tranche simplement.


Richard HASSELMANN

jeudi 1 septembre 2011

Balayer devant sa porte !

Avec l’actualité se dresse devant nous une année pleine de rebondissements, de trahisons, de racolages, de mesquineries, d’alliances et autres billevesées … La présidentielle approche, et toujours nous ne voyons que l’imbuvable politique politicienne dont le débat n’est que poudre aux yeux et jeu du cirque pour amuser le plébéien !

Sur fond de crise internationale, qu’elle soit économique, identitaire ou écologique, nous avons déjà bien à nous en faire… les « grands » de ce monde français doivent se dire que leurs clowneries nous ferons oublier ce qui doit être fait… à tort ou à raison ?

Enfoncés dans des simulacres de débats stériles, assaisonnés allégrement de langue de bois, nos politiciens adeptes des plus obscures recettes dialectiques nous promettent monts et merveille parfois –entre deux combats de coq- pour tenter de rallier l’audimat et l’électorat surtout !

Pour sûr qu’ils auraient bien d’autres affaires à traiter que leur image, qu’elle soit privée ou publique d’ailleurs, profitons-en pour saluer nos médias nationaux qui se jettent à corps perdu dans le jeu du grand spectacle. Perversions, magouilles, scandales et autres épisodes houleux de la scène politicienne française ne cessent d’éclater dans la guerre qu’ils se livrent avec pour appui technique TF1, France Télévision et consorts …

Mais la politique -parlons plutôt de Politique avec un grand « P »- c’est avant tout un mot, et l’étymologie nous enseigne que ce mot vient de trois racines grecques : Politikos, politeia et politike… Trois racines pour trois niveaux d’application : politike pour l’aspect « professionnel », politeia pour le côté « administratif et politikos pour le versant fondamental de l’organisation de la vie en société. Si la gouvernance d’un groupe est soumise à débat pour en considérer les bienfaits et les dangers, il ne fait pas de doutes qu’il est besoin avant tout de considérer les besoins de ce groupe, et pour ce faire, de constater certaines évidences dont la réalité nous échappe parfois.

Un groupe est constitué de briques fondamentales, les individus. Ceux-ci, tous différents sont semblables sur un point au moins : ils sont tous autant qu’ils sont, capables de faire preuve d’une étroitesse d’esprit mirobolante !

Peu importe que vous soyez professeur, ouvrier, chauffeur-livreur, concierge, chômeur ou Homme politique, vous êtes tous logés à la même enseigne devant la réalité d’un monde perdu dans l’individualisme aveugle, l’égocentrisme et l’égoïsme primitif. Pas étonnant que nous faisions ce constat à propos de nos politiques. Penchons-nous chacun sur nous-mêmes, c’est de nous que viendra la mère-réforme d’un système incohérent et liberticide s’effondrant sur lui-même du simple poids de ses fondements humains : oubli de la perfectibilité humaine, manque d’esprit, perte de la volonté de progrès … La ruine de l’Homme n’est pourtant pas une fatalité !

C’est d’un apprentissage dont il est question ! De celui qui consiste à ouvrir les yeux et à accepter autrui comme son semblable. De celui qui consiste ensuite à construire ensemble, non pour le profit de l’un ou l’autre, mais pour le progrès de l’Humanité via le développement personnel, l’empathie et l’éthique !

Nous sommes des êtres aux potentialités infinies, pour peu que nous souhaitions développer ces potentiels pour en faire des capacités… mieux vivre ensemble, mieux appréhender l’articulation des être et des peuples, réorganiser la vie collective, instaurer l’éthique et l’humanité dans la vie politique, y replacer au centre le citoyen, changer le monde !

Nous pourrions dire que l’avenir nous tend la main, nous ne la voyons pas encore, à nous tous de faire l’effort d’ôter nos œillères ! Pour reprendre un slogan bien connu : Si chacun fait un peu … A bon entendeur !


Olivier TABUTIAUX


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Educol